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Grok · X (ex-Twitter)

Grok : images dénudées et deepfakes, ce que dit la loi et comment réagir

Fin 2025, Grok a permis de « déshabiller » des photos de personnes réelles à grande échelle. Enquêtes, droit applicable, AI Act, et surtout la marche à suivre si une image de vous circule.

Mis à jour le 15 octobre 2026 · 11 min de lecture · Par Antoine de Tournemire, expert e-réputation

L’essentiel

  • Créer ou diffuser un deepfake sexuel d’une personne sans son consentement est puni jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € quand il est diffusé en ligne (art. 226-8-1 du Code pénal).
  • La Commission européenne (DSA), la DPC irlandaise (RGPD), le parquet de Paris et l’Ofcom britannique enquêtent sur X et Grok.
  • Victime : preuves, signalement X, PHAROS, 3018, StopNCII, plainte. Dans cet ordre, et vite.
  • Vos posts publics peuvent servir à entraîner Grok : un réglage permet de s’y opposer.

L’affaire Grok en dates

DateÉvénement
Fin décembre 2025Vague d’images sexualisées de personnes réelles, majoritairement des femmes et parfois des mineurs, générées via Grok et publiées sur X
8 janvier 2026La Commission ordonne à X de conserver ses données liées à Grok jusqu’à fin 2026
9 janvier 2026Génération et édition d’images sur X réservées aux abonnés payants (l’appli Grok autonome reste ouverte)
14 janvier 2026X annonce bloquer l’édition d’images de personnes réelles en tenue suggestive et géobloquer la fonction là où elle est illégale ; des contournements sont constatés dès le lendemain
26 janvier 2026Enquête formelle de la Commission européenne au titre du DSA
17 février 2026Enquête RGPD de la DPC irlandaise sur les deepfakes produits par Grok
7 mai 2026Ouverture d’une information judiciaire à Paris (complicité de diffusion d’images pédocriminelles, deepfakes sexuels, entre autres)
Juin 2026L’association e-Enfance / 3018 se constitue partie civile

À la mi-octobre 2026, aucune de ces procédures n’a abouti à une décision publique sur le fond : elles sont en cours.

Ce que dit le droit français

TexteCe qui est puniPeine maximale
Art. 226-8 Code pénalDiffuser sans consentement un montage ou un contenu généré par algorithme représentant une personne, sans qu’il soit évident qu’il s’agit d’un trucage1 an et 15 000 € ; 2 ans et 45 000 € en ligne
Art. 226-8-1 Code pénalMême chose pour un contenu à caractère sexuel2 ans et 60 000 € ; 3 ans et 75 000 € en ligne
MineursImages pédocriminelles, y compris générées par IARégime spécifique, beaucoup plus lourd

Point clé : pour un contenu sexuel, la mention « fake » ou « IA » n’exonère pas. Ces articles viennent de la loi SREN du 21 mai 2024.

Ce que change l’AI Act en 2026

  • Depuis le 2 août 2026, l’article 50 impose d’indiquer qu’un deepfake est artificiel, et aux fournisseurs de marquer leurs contenus de façon lisible par machine (délai jusqu’au 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà sur le marché).
  • À partir du 2 décembre 2026, le règlement omnibus 2026/1744 interdit les systèmes conçus pour générer des images intimes d’une personne identifiable sans son consentement.

Une image de vous circule : la procédure

  1. Conserver les preuves avant tout signalement : captures, URL, identifiant du compte, date et heure. Pour une procédure, un constat de commissaire de justice fait foi.
  2. Signaler sur X : Signaler le post › Contenu privé ou non consenti. La politique de X couvre explicitement les contenus générés par IA ; un tiers peut signaler pour vous.
  3. Signaler à PHAROS (internet-signalement.gouv.fr).
  4. Appeler le 3018 (gratuit), en particulier si la victime est mineure : l’association e-Enfance est signaleur de confiance et peut accélérer le retrait.
  5. StopNCII.org : crée une empreinte de l’image (sans l’envoyer) pour bloquer sa republication sur les plateformes partenaires.
  6. Porter plainte sur le fondement de l’article 226-8-1, en demandant le retrait et le déréférencement.
  7. Faire déréférencer les pages restantes sur Google et Bing (formulaires dédiés aux images intimes non consenties).

Le conseil de l’expert

Ne répondez pas publiquement au compte qui diffuse, et ne relayez pas l’image pour la dénoncer : chaque partage multiplie les copies à faire retirer. Le temps joue contre vous les 48 premières heures, c’est là qu’il faut concentrer les signalements.

Deepfake ou image truquée : besoin d’agir vite ?

Nous coordonnons preuves, signalements et demandes de retrait, avec votre avocat si une plainte est déposée.

Empêcher Grok d’utiliser vos données X

  • Entraînement : Paramètres › Confidentialité et sécurité › Partage de données et personnalisation › Grok et collaborateurs tiers › décocher. Passer ses posts en mode protégé les exclut aussi.
  • Historique Grok : même menu › Supprimer l’historique des conversations. X indique un effacement sous 30 jours.
  • La DPC irlandaise enquête depuis avril 2025 sur l’utilisation des posts européens pour entraîner Grok, sans décision publiée à ce jour.

Questions fréquentes

Grok peut-il encore déshabiller une photo ?

X affirme l’avoir bloqué pour les personnes réelles depuis le 14 janvier 2026, mais des contournements ont été constatés, notamment via l’appli Grok autonome.

Est-ce illégal en France ?

Oui : jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende pour un deepfake sexuel diffusé en ligne, même présenté comme faux.

Où signaler un deepfake de moi ?

Sur X, à PHAROS, au 3018 et à StopNCII, puis porter plainte.

Quelles autorités enquêtent sur Grok ?

La Commission européenne (DSA), la DPC irlandaise (RGPD), le parquet de Paris, l’Ofcom au Royaume-Uni et le procureur général de Californie.

Les deepfakes doivent-ils être signalés comme tels ?

Oui, depuis le 2 août 2026 en application de l’article 50 de l’AI Act.

Sources

  1. Commission européenne – Enquête DSA sur Grok et les systèmes de recommandation de X (26/01/2026)
  2. Data Protection Commission (Irlande) – Enquêtes visant X Internet Unlimited Company
  3. Euronews – Information judiciaire visant X et Elon Musk (08/05/2026)
  4. PBS / AP – X annonce bloquer l’édition d’images de personnes réelles (14/01/2026)
  5. Légifrance – Article 226-8-1 du Code pénal
  6. ActuIA – AI Act : obligations en vigueur et omnibus 2026/1744
  7. X – Politique sur les contenus intimes non consentis
  8. X – À propos de Grok (données et historique)
  9. Association e-Enfance / 3018 – Plainte contre X (juin 2026)
  10. StopNCII.org

Antoine de Tournemire

Expert e-réputation · Réputation Net

Il accompagne dirigeants, entreprises et particuliers dans le traitement des contenus qui nuisent à leur réputation : avis, presse, déréférencement, données des registres et réponses des IA. Chroniqueur au Journal du Net. Ce guide est rédigé à partir des textes et sources officielles listés ci-dessus.

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